Photographier les documents

 

Le photographe des Archives substitue à un document original une reproduction qui sera consultée en salle de lecture ou sur internet. Cette substitution a généralement lieu sur des séries de documents très utilisées lorsqu’elles étaient dans l’administration, arrivées usées aux Archives, mais qui sont encore très souvent consultées par tout un chacun. L’état civil est l’exemple même de ces documents. Par ailleurs, des documents précieux, scellés, restaurés, d’une très grande fragilité, même s’ils sont récents (papiers de la Seconde Guerre mondiale par exemple) sont photographiés dans le but de prévenir de nouvelles dégradations causées par des manipulations, voire le vol. Enfin, le photographe reproduit des documents publics et privés que les Archives où il travaille ne conservent pas en leur fonds, mais dont l’intérêt historique départemental est indéniable (reproductions de complément). Toutes ces duplications résultent de choix au cas par cas et font l’objet de programmations.

 

La photographie d’archives n’est pas chose aisée ni automatique.

Comme toute opération entreprise aux Archives, le photographe travaille le plus souvent sur des fonds ou des séries de documents mesurant plusieurs mètres voire dizaines de mètres.

En outre photographier un fonds renfermant des papiers d’encres, de supports et de formats divers, nécessite d’adapter rigoureusement chaque prise de vue à chaque document.

 

Caméra de microfilm (Arch. dép. Jura, cl. C. Mars)  

     

 

La photographie a connu de grandes évolutions et les photographes des Archives ont employé simultanément plusieurs techniques offertes à un moment donné pour leurs besoins. Ainsi dans le Jura, comme dans presque tous les départements, il a été privilégié d’abord le microfilm argentique. Ce procédé permet de disposer d’un support peu encombrant, durable et reproductible aisément. Le microfilm argentique est couramment utilisé encore aujourd'hui aux Archives du Jura pour dupliquer de gros ensembles de documents (registres matricules militaires, états de sections cadastraux, par exemple) ; il est traité intégralement à l’atelier, depuis la prise de vue jusqu’au développement du film (le ‘master’) et à la duplication de celui-ci en copies jusqu’en 2014 où lui a été substituée la numérisation du master pour diffuser les vues au public. Les copies sont données à consulter par les lecteurs ou pour les envois aux autres archives départementales. Le master est, quant à lui, précieusement conservé pour tout besoin ultérieur de duplication.

 

La photographie argentique, noir et blanc et couleur, a joué un grand rôle à l’atelier. Doté des moyens techniques de prises de vue, de développement et de tirage, celui-ci a produit un grand nombre de tirages papier et de diapositives de documents, vues extérieures, objets et églises.

 

L’introduction de la « photographie » numérique à l’atelier en 2000, a fait cesser dans les faits la photographie argentique, sauf le microfilm. La numérisation est particulièrement appropriée pour les documents en couleur, tels que les plans aquarellés, et les documents iconographiques (cartes postales…). Elle est employée aux Archives du Jura pour des ensembles d’archives circonscrits (plans cadastraux, actes portant des sceaux…). Elle a permis aussi de diffuser au public les images portées sur des milliers de plaques de verre confiées aux Archives et qui, trop fragiles et peu lisibles, ne peuvent être matériellement communiquées en salle de lecture.

 

 

 

L’atelier de photographie des Archives du Jura répond aux demandes circonstanciés de reproductions de documents émis par des personnes extérieures aux Archives uniquement à des fins de publication ou d’exposition publique de documents conservés aux Archives ; en ces cas en effet, une prise de vue professionnelle est nécessaire pour obtenir une impression ou un agrandissement de la qualité visuelle voulue.

 

L’atelier est aussi sollicité en interne pour les projets d’exposition et les publications des Archives pour lesquels il effectue les prises de vues des documents, mais aussi de monuments et de sites le cas échéant.

 

L’atelier de photographie des Archives du Jura instauré en 1984 a toujours été confié à un photographe professionnel. La maîtrise des diverses technologies propres à la photographie, alliée désormais à celles du traitement d’images informatiques, est nécessaire pour exercer ce métier exigeant, précis et de longue haleine.

 

 

 

 

 

Quelques données du Jura


Etat civil, registres de recrutement militaires et de recensements de population, états de sections et matrices des propriétés bâties 1882 et 1911 du Cadastre, ou encore plusieurs collections de presse anciennes sont microfilmés. Depuis 1984, l’atelier a produit plus de 120 kilomètres de microfilms master, auxquels s’ajoutent les duplications pour la consultation. 16 000 plaques de verre du fonds du photographe Martelet, de Nozeroy, ont été nettoyées, conditionnées correctement et enfin numérisées à l’atelier ; de 2006 à 2012, 6750 plans cadastraux et depuis 2014, 880 actes scellés et des centaines de pages de cartulaires ont été numérisés. Depuis janvier 2015, les numérisations internes se doublent de prestations massives externes : numérisation des microfilms des Archives (état civil, matricules militaires, dénombrement de population, registres du cadastre etc.)

 

Archives départementales du Jura, 2016©