Les cas particuliers de recherches généalogiques

 Cas particuliers : si l’un de vos ancêtres...

- est né dans un autre département français : il sera possible de faire envoyer aux Archives départementales du Jura le microfilm du registre, à condition qu’il existe ou de consulter sur internet le registre s’il a été numérisé. Se renseigner auprès des Archives départementales respectives.

 

- est né dans un département d’Outre-Mer ou une ancienne colonie. Il faut s’adresser aux :

 

Archives nationales d'Outre-Mer

29, chemin du Moulin-Detesta

13090 AIX-EN-PROVENCE

Tél. : 04 42 93 38 50

http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/anom/fr

 

- est Suisse : la question est complexe, car chaque canton a une législation différente. L’on verra :

VAUCHER (Gustave), « Registres paroissiaux et d’état civil dans la Confédération suisse », dans Archivum, v. 8, 1958, p. 61-77 (A.D.J., Br 1727).


Les Jurassiens à l’étranger : l’exemple de Rome

 

Des Jurassiens ont pu s’exiler et partir à l’étranger. D’où l’obligation de chercher parfois en dehors des frontières françaises. Nous prendrons ici l’exemple des Francs-Comtois partis pour Rome. On peut les retrouver notamment grâce aux archives de la confrérie de Saint-Claude des Bourguignons.

 

Les Comtois établis à Rome firent partie soit de la confrérie des Transalpins reconnue en 1473, soit de la confrérie de Saint-Louis, fondée en 1478. Les Comtois n’étaient cependant présents à Rome qu’en petit nombre. La Guerre de Dix Ans (1635-1644) provoqua un grand exode vers Rome. L’on sait que la Franche-Comté fut durant de longues années dévastée, incendiée et saccagée par les armées françaises et comtoises, espagnoles et allemandes. Une partie de la population disparut dans cette tourmente. Certains toutefois avaient pu fuir les calamités et se réfugier à l’étranger. Voici ce qu’écrivit un contemporain de ces luttes, le conseiller Girardot de Nozeroy : « En cette occasion, les plus courageux résolurent de se tirer hors du pays durant cette horrible saison et passèrent en pays estranger où eux et leurs femmes gagnèrent leur vie et celle de leurs enfants par le travail de leurs bras. Les premiers passèrent en Savoye et en Suisse, autres les suivirent et les premiers travaillans fortement et fidellement firent planche à ceux qui les suivirent : ce fut une sortie générale, et ne pouvant la Suisse et la Savoye soustenir tant de gens, la plus grande partie qui cherchoit les terres de son Roy passa en Italie et s’arresta à Milan, grand nombre néantmoins passèrent jusques à Rome (patrie commune de tous les chrétiens) ; un curé s’y trouva l’année suivante avec cinq cens de ses paroissiens, auquel le pape donna une église pour y administrer les sacremens : on comptoit qu’ils estoient à Rome dix ou douze mille Bourguignons de tout sexe ».
 

Les Bourguignons (c’est ainsi que l’on nommait les Franc-Comtois) s’établirent dans le quartier situé entre le Corso et la Place d’Espagne. L’actuelle Via Borgogna rappelle encore leur souvenir. L’afflux de ces nouveaux arrivants justifia la constitution d’une confrérie nationale. Elle fut placée sous la protection de saint Claude et prit le nom de « confrérie de Saint-Claude des Bourguignons ». Le pape l’approuva en 1652.
 

Les Comtois, soit résidant (réfugiés, agents curiaux, procureurs, banquiers, commerçants) soit de passage (pèlerins, artistes et voyageurs de toute sorte), purent donc se réunir dans le cadre d’une institution permanente et autorisée par le Saint-Siège. Ils exerçaient en commun dans une église qui leur appartenait, les œuvres du culte. Ils accueillaient dans un hospice fondé en 1663 les « pauvres pèlerins Bourguignons de Comté ». Cette situation dura jusqu’en 1798, année durant laquelle l’église et l’hospice furent dévastés par les patriotes français et italiens qui venaient d’instituer à Rome la République Tibérine. Les propriétés de Saint-Claude furent par la suite annexées à l’établissement de Saint-Louis des Français.
 

L’on peut retrouver trace des Comtois (et donc des Jurassiens) dans quatre types de documents d’archives, reflets de l’activité de la confrérie (1652-XIXe siècle) :

 

- les procès-verbaux de la confrérie,

 

- les titres de propriété, contrats de location, devis de travaux, procès,

 

- les registres de pèlerins accueillis dans l’hospice de la confrérie (1663-1717) : pour chaque pèlerin sont notés ses nom et prénom, sa ville ou son village d’origine. L’hospice reçut 5907 pèlerins de 1671 à 1717, soit une moyenne de 130 par an. L’on consultera aussi les registres de distribution de secours, de dots,

 

- les registres de cérémonies, de messes, d’enterrements.


 

Auguste Castan a déjà publié certaines de ces sources dans :

CASTAN (Auguste), La Confrérie, l’église et l’hôpital de Saint-Claude des Bourguignons de la Franche-Comté à Rome, Paris, Besançon, Ch. Marion, Morel et Cie, 1881, 94 p. (ADJ, Br 0818)

 

Pour le XIXe siècle, l’on verra :

BORDET (Gaston), Jalons pour une histoire de l’ultramontanisme. Religieuses et prêtres francs-comtois à Rome au XIXe siècle (1789-1870), Besançon, 1979, 49 p. dactyl. (ADJ, 2 J 612)


 

Les archives de la confrérie de Saint-Claude des Bourguignons sont conservées parmi les archives des Pieux Établissements au Centre de Saint-Louis des Français à Rome. L’inventaire, dactylographié, fut établi en 1908 et 1909 sous la direction de l’abbé Richard, chapelain de Saint-Louis.