François-Xavier Vuitton : portrait du meunier d'Anchay, père de Louis Vuitton
Le 12/08/2021 à 10h59 par les Archives départementales du Jura
Résumé

Le bicentenaire de la naissance de Louis Vuitton en 1821 à Anchay (commune de Lavans-sur-Valouse) est célébré actuellement. Hormis son acte de naissance, les Archives du Jura ne possèdent pas d’archives le concernant. En effet, Louis Vuitton quitte son Jura natal en 1835 à l’âge de 14 ans pour rejoindre la capitale. Son père François-Xavier Vuitton a exercé la profession de meunier sur le hameau d’Anchay. C’est son parcours que nous vous proposons de découvrir !

 

 

François-Xavier Vuitton naît à Anchay le 17 février 1793. Il est le cinquième enfant de Claude et Lucie Vuitton. Comme son père, il exerce la profession de meunier à Anchay au moulin de Charbouilla. Le 14 mai 1813, il épouse Marie Coronné Gaillard, originaire de Vouglans, qui lui donne six enfants. Né le 4 août 1821, Louis est le troisième enfant du couple. Malheureusement, sa mère meurt en couches le 16 février 1831. Veuf, François-Xavier se remarie à Cornod le 16 janvier 1832 avec Marie Rochet avec qui il aura quatre autres enfants. Il meurt le 24 novembre 1868 à Cornod à l’âge 78 ans.


3Pplan 3067, section cadastrale E de la commune de Lavans-sur-Valouse, 1830

Extrait centré sur la parcelle n°43 concernant le moulin


François-Xavier Vuitton devient propriétaire du moulin de Charbouilla sur le ruisseau de l’Ancheronne, à partir de 1833 et ce, jusqu’en 1867, date où la construction revient à Augustin Vuillod puis plus tard à Séphirin Reybard, d’où la dénomination de moulin Reybard communément utilisée.

 

Le moulin ne tourne à plein temps que quelques mois par an, juste après la moisson. Afin de rentabiliser son activité, François-Xavier Vuitton utilise la roue hydraulique afin de faire tourner une scie. C’est à son contact que son fils Louis apprend le maniement de la meule et la tradition artisanale des tourneurs sur bois.

 

Le fonds des archives du Service hydraulique (7S) renferme des dossiers sur l’activité du moulin Vuitton (cote Sp 2374). Le document le plus ancien remonte à 1839, date où Xavier Vuitton - le prénom de François-Xavier n’est pas utilisé couramment dans les archives - se plaint des conséquences de la reconstruction du pont sur la route départementale n°9 de Thoirette à Orgelet dans de nouvelles dimensions, qui dévient la trajectoire de l’eau et amoindrissent son débit vers le canal de service de son moulin. Il réclame l’établissement d’un barrage afin de reprendre complètement son activité. Un arrêté préfectoral du 26 octobre 1841 l’autorise à conserver et maintenir en activité son usine (moulin à blé et scierie) en installant un barrage à 20 mètres en aval du ponceau de l’Ancheronne et en profitant de la digue formée de gros blocs. Ce règlement d’eau ne sera finalisé que le 19 mars 1852 par la rédaction du procès-verbal de récolement qui réceptionne définitivement les travaux demandés par l’administration des Ponts-et-Chaussées.

 

Par acte du 22 septembre 1846, Xavier Vuitton acquiert un terrain en nature de friche et parcours sur lequel il souhaite construite une usine à battre le blé juste à gauche de la route départementale et du pont d’Anchay. Après enquête publique, l’ordonnance présidentielle du 25 octobre 1852 l’autorise à réaliser cette construction et la réception des travaux intervient plus rapidement que précédemment, soit le 30 novembre 1854. Le conseil municipal de Lavans-sur-Valouse, par sa délibération du 21 septembre 1851, approuve le projet de règlement d’eau et souhaite que l’usinier soit exempté de la construction d’un mur de soutènement, le chemin de Vescles ayant été déclassé.

 

Sp 2374, extrait du plan général du battoir à blé, 1859

 

Enfin, Xavier Vuitton se retrouve au centre d’une polémique en 1862 suite à la réclamation d’un autre meunier installé en aval qui réclame la règlementation d’un barrage que Xavier Vuitton a établi sans autorisation sur le ruisseau de l’Ancheronne pour l’irrigation d’un terrain qu’il possède à proximité de son usine. Par arrêté préfectoral du 4 juin 1864, Xavier Vuitton est autorisé à établir le barrage de prise d’eau d’irrigation - qui avait été emporté par une crue en 1861 - sur l’Ancheronne.

 

                  Sp 2374, extrait du plan général du battoir à blé avec précision de l’emplacement de la prise d’eau, 1859

 

Le fonds ne renferme malheureusement aucun plan du mécanisme du moulin Vuitton. Sachant qu’il existe deux moulins sur la commune, celui de Charbouilla et celui du bourg, le dictionnaire toponymique Rousset parle d’un « moulin à 4 tournants avec cylindres » et d’un autre « à 3 paires de meules ». Une recherche approfondie permettrait sûrement d’en savoir plus !

 

En espérant que vous avez eu plaisir à partager le parcours d’un simple meunier du hameau d’Anchay, père du célèbre malletier Louis Vuitton.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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