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Les métiers de la conservation

Photographe

Le photographe des Archives substitue à un document original une reproduction qui sera consultée en salle de lecture. Cette substitution a généralement lieu sur des séries de documents très utilisées lorsqu’elles étaient dans l’administration, arrivées usées aux Archives, mais qui sont encore très souvent consultées par tout un chacun. L’état civil est l’exemple même de ces documents. Par ailleurs, des documents précieux, scellés, restaurés, d’une très grande fragilité même s’ils sont récents (papiers de la Seconde Guerre mondiale par exemple) sont photographiés dans le but de prévenir de nouvelles dégradations causées par des manipulations, voire le vol. Enfin, le photographe reproduit des documents publics et privés que les Archives où il travaille ne conservent pas en leur fonds, mais dont l’intérêt historique départemental est indéniable (reproductions de complément). Toutes ces duplications résultent de choix au cas par cas et font l’objet de programmations.

La photographie d’archives n’est pas chose aisée ni automatique. Comme toute opération entreprise aux Archives, le photographe travaille le plus souvent sur des fonds ou des séries de documents mesurant plusieurs mètres voire dizaines de mètres. En outre photographier un fonds renfermant des papiers d’encres, de supports et de formats divers, nécessite d’adapter rigoureusement chaque prise de vue à chaque document.

La photographie a connu de grandes évolutions et les photographes des Archives ont employé simultanément plusieurs techniques offertes à un moment donné pour les besoins de leurs services. Ainsi dans le Jura comme en presque tous les départements, ils ont privilégié d’abord le microfilm argentique. Ce procédé permet de disposer d’un support peu encombrant, durable et reproductible aisément. Le microfilm argentique est couramment utilisé encore aujourd'hui aux Archives du Jura ; il est traité intégralement à l’atelier, depuis la prise de vue jusqu’au développement du film (le ‘master’) et à la duplication de celui-ci en copies. Les copies sont données à consulter par les lecteurs ou pour les envois aux autres archives départementales. Le master est, quant à lui, précieusement conservé pour tout besoin ultérieur de duplication.

La photographie argentique, noir et blanc et couleur, a joué un grand rôle à l’atelier. Doté des moyens techniques de prises de vue, de développement et de tirage, celui-ci a produit un grand nombre de tirages papier et de diapositives de documents, vues extérieures, objets et églises.

 

 
 

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L’introduction de la « photographie » numérique à l’atelier en 2000, a fait cesser dans les faits la photographie argentique, sauf le microfilm. La numérisation est particulièrement appropriée pour les documents de couleur, tels que les plans aquarellés, et les documents iconographiques (cartes postales…). Elle est employée aux Archives du Jura à ce jour pour des séries d’archives circonscrites (plans cadastraux par exemple). Elle a permis de sauver et diffuser aisément au public les images portées sur des milliers de plaques de verre confiées aux Archives et qui, trop fragiles, ne peuvent être matériellement communiquées en salle de lecture.

L’atelier de photographie des Archives du Jura répond aux besoins circonstanciés de reproductions de documents émis par des personnes extérieures aux Archives uniquement à des fins de publication ou d’exposition publique de documents conservés aux Archives ; en ces cas en effet, une prise de vue professionnelle est nécessaire pour obtenir une impression ou un agrandissement de la qualité visuelle voulue. L’atelier est aussi sollicité en interne pour les projets d’exposition et les publications des Archives pour lesquels il effectue les prises de vues des documents, mais aussi de monuments et de sites le cas échéant.

L’atelier de photographie des Archives du Jura instauré en 1984 a toujours été confié à un photographe professionnel titulaire d’un cap de photographie. La maîtrise des diverses technologies propres à la photographie, alliée désormais à celles du traitement d’images informatiques, est nécessaire pour exercer ce métier exigeant, précis et de longue haleine.

 

 
 

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Quelques données du Jura

L’état civil, les registres de recrutement militaires et de recensements de population, plusieurs collections de presse anciennes sont microfilmés . Depuis 1984, l’atelier a produit 108 kilomètres de microfilms master, auxquels s’ajoutent les duplications pour la consultation. 16 000 plaques de verre du fonds du photographe Martelet, de Nozeroy, ont été nettoyées, conditionnées correctement et enfin numérisées à l’atelier ; depuis 2006, 5 400 plans cadastraux ont également été numérisés.
 

 

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